La Cour suprême du Bénin a ouvert, ce mardi 17 mars 2026 à Grand-Popo, un atelier-bilan de deux jours consacré à la gestion du contentieux des élections communales du 11 janvier 2026.
Présidé par le Président de la haute juridiction, Victor Dassi Adossou, cet atelier a mobilisé l’ensemble des acteurs impliqués dans ce contentieux, notamment des représentants de l’Assemblée nationale, de la CENA, des partis politiques, du barreau béninois et de l’Association nationale des communes du Bénin.
Une démarche d’auto-évaluation saluée
Prendre l’initiative de s’auto-évaluer, à peine une semaine après une période aussi exigeante, constitue un véritable exploit.
Dans son mot de bienvenue, Ibrahim David Salami a souligné que la Cour, forte de son expérience, avait su anticiper la plupart des situations rencontrées grâce à des sessions de formation et de renforcement des capacités.
Des performances remarquables
Il a été mis en exergue la célérité avec laquelle la Cour a traité plus de deux cents recours en seulement cinq semaines, soit bien en deçà du délai légal de six mois prévu par le Code électoral.
Cette performance repose sur :
- une organisation efficace
- une capacité de réaction rapide
- l’implication directe du Président de la Cour dans la conduite des audiences
Toutefois, il a été rappelé qu’il ne s’agit pas de se satisfaire trop rapidement, mais de faire preuve de lucidité et d’esprit critique.
Un appel à la remise en question constructive
Le Président Victor Dassi Adossou a insisté sur la nécessité d’un dialogue franc et constructif :
« Chaque intervenant de la chaîne juridictionnelle [...] a-t-il assumé, avec rigueur et diligence, le rôle qui lui incombe ? »
Cet atelier constitue ainsi une occasion :
- d’évaluer la qualité et la cohérence des décisions rendues
- de vérifier l’application des règles de droit
- d’analyser l’efficacité des dispositifs organisationnels et techniques
Des communications riches et constructives
Après la cérémonie d’ouverture, plusieurs communications ont été présentées :
- le greffier en chef et le Président de la chambre administrative ont exposé les enseignements organisationnels et techniques
- une communication sur les pouvoirs du juge électoral
- une autre sur la réformation des résultats électoraux
Ces interventions ont suscité des débats riches, marqués par :
- des échanges de jurisprudence
- l’analyse de cas pratiques marquants
Vers une amélioration continue
Parmi les recommandations fortes issues des échanges figure la nécessité de concevoir un manuel de procédure pour la gestion du contentieux électoral, proposition vivement soutenue par les participants.
Une reconnaissance unanime des efforts
Le professionnalisme et la célérité de la Cour suprême ont été unanimement salués par :
- la CENA
- les avocats
- les députés
- les partis politiques
Les participants ont toutefois regretté l’absence de l’ANIP, tout en félicitant la diffusion en ligne des audiences, notamment sur YouTube, renforçant ainsi la transparence et l’accès à l’information pour les citoyens.
Conclusion : un levier de progrès institutionnel
Au terme de cette première journée, d’importantes leçons ont été tirées et seront consignées dans un rapport final sous forme de recommandations.
Cet atelier-bilan s’affirme comme un véritable levier de progrès institutionnel, permettant à la Cour suprême de :
- consolider sa jurisprudence électorale
- renforcer la qualité des décisions rendues
- améliorer la crédibilité de la justice électorale au Bénin